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Créer une entreprise innovante : l’accompagnement des technopoles.

Créer une entreprise innovante : l’accompagnement des technopoles.

Par Tippeee le 16 mars 2015 à 11:07 dans Travailler

Nous avons remarqué que les Tipsters sont des créateurs en herbe. Vous, vous le saviez déjà mais cela fait du bien de le rappeler… Après le billet sur la création d’entreprise, il nous a semblé intéressant de fouiller du côté des aides dont vous disposez pour mettre en place vos projets.

Si un aspect a retenu notre attention, c’est celui des technopoles. Ces organismes vous prodiguent un accompagnement sur mesure de la naissance de l’idée jusqu’à son exploitation.
Nous sommes donc allés voir Françoise Duprat, directrice adjointe du Technopôle Brest-Iroise afin qu’elle nous explique ce qu’est un technopole et comment il accompagne les jeunes porteurs de projets. Intéressant car, comme elle le souligne, un technopole a pour vocation à vous aider si jamais émerge parmi vos neurones l’idée géniale qui fera entrer ce siècle dans une nouvelle ère, mais pas seulement. L’innovation, ce n’est pas seulement ce que l’on peut croire au premier abord… Si certains d’entre vous ont pu bénéficier de ce type de services, vos tips sont les bienvenus. Ils complèteront ce billet.




L’innovation, ce n’est pas que technologique…


C’est en effet, un des faux a priori qui circule chez les jeunes créateurs. Or tous les secteurs d’activités sont concernés. Car c’est le caractère innovant décelé dans votre activité ou votre manière de la mener, et non l’appartenance au secteur de l’innovation technologique de votre activité, qui déclenche l’accompagnement d’une technopole.
Ce n’est pas clair ? Si votre projet consiste à ouvrir un commerce de détail ou un restaurant dans le centre-ville, votre activité n’a pas de caractère innovant. En revanche, un projet permettant d’optimiser le système de gestion d’un restaurant, de la prise de commande jusqu’à la gestion des stocks ou un projet tournant autour de la redynamisation du commerce de centre-ville ou de l’optimisation du commerce de détail sera pris en charge par la technopole. Comme le souligne Françoise Duprat, “tout jeune ayant un projet de création d’entreprise avec un caractère innovant nous intéresse. Nous sommes à la recherche d’éléments différenciants dans un projet mais ne sommes pas sélectifs dans notre soutien”.



Venez comme vous êtes !


Pour ceux qui ne savent toujours pas sur quel pied danser, sachez que vous rendre au technopole ne sera pas du temps perdu. Parce que le technopole est un des rares organismes à vous accompagner en tant que créateur dès l’émergence de votre idée, pour vous aider à la structurer ou encore vous mettre en relation avec les partenaires qui vous aideront à la concrétiser, mais aussi parce qu’un technopole pourra vous réorienter vers un autre organisme si besoin. “Nous avons le confort de pouvoir recevoir toute personne qui appelle pour avoir un rendez-vous”, appuie Françoise Duprat.
À la différence d’autres organismes, lz technopole n’a pas de pré-requis pour vous recevoir. Vous n’avez pas de business plan ? Vous n’avez aucune idée de la structure à créer ? Avec qui la créer ? Le technopole est fait pour vous. Seront écoutés les créateurs à tous les stades du projet, de la simple idée jusqu’au projet mûrement réfléchi.
D’ailleurs, selon Mme Duprat, “Il vaut donc mieux commencer par venir nous voir plutôt que son banquier ou son expert-comptable si le projet n’est pas mature, pas protégé, pour éviter de risquer de laisser une mauvaise première impression.
En d’autres termes, le Tipster qui n’a d’autre argument à faire valoir que son idée, qui veut juste en discuter, ne serait-ce que pour vérifier qu’elle est à creuser, doit commencer par rencontrer les responsables de la technopole.

Oui, mais moi, je ne suis pas un chercheur…


S’il est vrai que la technopole cherche à faire collaborer le monde de la recherche avec celui de l’entreprise, tout le monde à sa chance ! Sachez d’ailleurs que les créateurs accompagnés se trouvent majoritairement dans une population minimum bac+2. Ce sont des personnes qui ont appris un métier et qui, pour certains, ont déjà de l’expérience ou qui maitrisent un savoir-faire. Il arrive même au technopole de recevoir des autodidactes, voire des lycéens, même s’il s’agit là de cas atypiques. Ce n’est donc pas parce que vous n’avez pas (encore) votre doctorat en biotechnologie que vous ne pouvez pas bénéficier de l’aide d'un technopole. La directrice adjointe du Technopôle Brest-Iroise le confirme : “Dernièrement, nous en avons eu un parfait exemple : la société e-qwall. La porteuse de projet a une formation IAE et elle est partie d’un besoin client. Elle n’avait pas la compétence technologique mais s’est entourée de techniciens, dès la maturation du projet, qui avaient la capacité à développer la technique nécessaire.” Votre qualité principale pour vous faire accompagner n’est donc ni le nombre de vos diplômes, ni votre compétence technique, c’est votre persévérance, votre envie. Et c’est déjà pas mal !



En quoi consiste l’accompagnement ?


La mission d’un technopole est de favoriser la création d’entreprise par l’innovation. Le technopole va donc vous aider à structurer votre projet. Il s’agit là de vous proposer une méthodologie étape par étape. Bien entendu, ce sera du cas par cas car vous n’arriverez pas tous avec un projet au même stade. Entre deux rendez-vous, on vous proposera de prendre contact avec des structures diverses. Cela peut être un laboratoire de recherche, si votre projet nécessite l’aide d’ingénieurs, un responsable d’un grand groupe permettant de vérifier qu’il y aura un débouché commercial à votre projet, un expert-comptable ou un banquier… car le technopole vous aidera à structurer votre business model ou votre prévisionnel. Cela peut être, enfin, la mise en relation avec des cabinets spécialisés vous permettant de protéger votre idée. Comme le dit Françoise Duprat, “Nous n’aurons pas réponse à tout mais nous aiderons le créateur à trouver l’interlocuteur qui peut répondre à ses questions au moindre coût et si possible avec un financement associé”.
En revanche, un technopole n’est pas un expert métier. Le cœur du projet est de votre responsabilité. “Nous nous entourons d’experts que nous pouvons solliciter quand on croit que la technologie suggérée n’est pas la plus adaptée” mais le technopole part du principe que le porteur du projet, lui, a l’expertise qui lui est nécessaire pour le monter, ou alors nous l'orientons vers les bonnes personnes susceptibles de l'accompagner.

Et combien va me coûter cette affaire, à moi ?


Le budget d’un technopôle est réalisé chaque année de manière à apporter un service gratuit aux porteurs de projets, une fois leur adhésion annuelle réglée... Ne vous inquiétez pas, celle-ci est gratuite pour les créateurs la première année, et symbolique les années suivantes. Hormis les appels à des professionnels spécifiques et externes, vous bénéficiez de services gratuits. Et quand les services extérieurs sont payants, la technopole peut vous aider à trouver un financement. Il restera donc des coûts pour le créateur au cas par cas, pour des fonctions ponctuelles. Par exemple, l’hébergement physique dans des bureaux, ou une participation à une mission internationale pour laquelle une partie demeure à la charge des participants…
Pour le reste, Françoise Duprat en atteste : “Toute la mission de conseil, d’accompagnement, d’orientation, de mise en réseau est faite à titre gratuit par le personnel du technopole”.

Combien de temps cela dure ?


Là encore, tout dépend, du stade où en est votre projet lorsque vous poussez les portes du technopole. Il faut au minimum 6 mois pour transformer une idée en une entreprise viable. Et dès lors que l’on est sur des projets issus de la recherche et avec un profil très éloigné de l’entrepreneuriat, un projet peut nécessiter 18 mois d’incubation et de maturation. Mais pas d’inquiétude, le technopole prendra le temps de vous aider. Car c’est là un des principaux écueils qui attendent le porteur de projet : sous-estimer le temps et donc les moyens financiers nécessaires à la création. Les ¾ des jeunes entreprises meurent par manque de trésorerie. La trésorerie est en effet, le point critique si elle a été sous-estimée au démarrage.
Le technopole ne pourra pas forcément empêcher un échec mais interviendra également pour aider le créateur à prendre les bonnes décisions et arrêter dans les meilleures conditions possibles. Comme le souligne Françoise Duprat, “Nous les accompagnons de A à Z afin de les aider à lancer leur entreprise ou de les aider à faire le constat que le projet n’est pas viable. Ça fait aussi partie de notre mission.”

Qui réussit ?


Il faut accepter la prise de risque, la mesurer, se donner les moyens de la limiter mais il faut l’accepter, sinon on ne peut pas se lancer. On a, par exemple, constaté que les gens qui ont travaillé dans le secteur de la musique ou qui pratiquent le surf sont de très bons créateurs. Ils font preuve d’un certain individualisme et, quoi qu’il se passe autour, vont « y aller ».
La notion de prise de risques n’est d’ailleurs pas du tout la même chez les femmes que chez les hommes. Les femmes vont hésiter plus et par conséquent, mettre plus de temps à faire émerger leur projet que les hommes. Elles peuvent également, potentiellement plus facilement renoncer si elles considèrent que leur projet n’est pas suffisamment sécurisé. En revanche, quand elles se lancent, des projets remarquables émergent.
A ce sujet, Françoise Duprat cite facilement deux exemples :
B.Sensory, un projet de développement d’objets connectés qui amplifient les sensations liées à la lecture. L’application peut être à destination d’une population mal voyante, mais aussi d’une clientèle purement féminine. Un des premiers domaines d’application que la jeune créatrice développe est celui des sextoys connectés à des nouvelles érotiques. 50 Shades of grey vous fera infiniment plus d’effet...
Une autre jeune créatrice a lancé B4wedding, une plateforme d’aide à l’organisation de manifestations de type mariage, pacs, baptêmes… Elle finalise actuellement une collecte de fonds sur ulule.
Fille ou garçon, selon Mme Duprat, “les succès sont liés à la personnalité de l’individu : beaucoup de persévérance, une force de conviction et une certaine indépendance d’esprit, mais aussi à la capacité du porteur à bien s’entourer.”



Bon, on se voit quand et comment ?


“De façon très classique”, selon La directrice adjointe du Technopôle Brest-Iroise… “Les porteurs de projets peuvent nous contacter : nous passons alors directement en entretien individuel. Ils peuvent aussi venir nous rencontrer sur les animations que nous mettons en place : petits déjeuners, after-work, salons, comme celui de la création d’entreprise, etc.”.
S’il y a une cantine numérique dans votre ville, n’hésitez pas à y aller, même pour voir, et vous croiserez sans doute des responsables du technopole de votre région.


1 commentaire
  • Pixie Modo
    le 03 avril 2016 à 15:37 Innover en Bretagne : toutes les aides sur bretagne.bzh

    Vous êtes porteur d’un projet innovant ? Découvrez sur le site de la région Bretagne toutes les structures qui pourront vous accompagner, de l’incubation jusqu’au financement, en passant par l’aide au lancement. Chaque acteur de l’innovation est présenté en détail : objectif de l’aide proposée, bénéficiaire, type de projet concerné et coordonnées complètes. En prime : deux témoignages d’entreprises qui ont bénéficié de ce réseau pour émerger.

    Consulter l’article du site bretagne.bzh dédié aux projets innovants

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