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Coworking, tiers lieux, cantines numériques

Coworking, tiers lieux, cantines numériques

Par Pixie le 16 septembre 2015 à 11:17 dans Travailler

Sur la toile ou dans la presse, on parle de plus en plus de coworking, de cantine numérique, d’intelligence collaborative ou encore de co-création. Vous pensez peut-être que ça ne concerne que les geeks ou qu’il s’agit de concepts nébuleux qui n’ont pas vraiment de réalité ? Eh bien détrompez-vous et ne vous laissez pas impressionner par ces mots, qui traduisent une nouvelle façon bien réelle de penser et de vivre le travail.

Chez Tips n’tricks, on ne pouvait rester insensible à cette vague de fond. On a donc mené l'enquête... Deux personnes bien au fait de ces nouvelles pratiques ont accepté de partager leur expérience et leur savoir en la matière. Il s'agit de Michel Briand, membre du Conseil National du Numérique, et Jessica Pin, directrice de la Cantine numérique de Brest, que l'on remercie pour leurs conseils.

L’émergence des « tiers-lieux »

Les espaces de coworking, tout comme les cantines numériques (qui sont en quelque sorte des lieux de “co-working numérique”), font partie ce que l’on appelle les « tiers-lieux », les premiers lieux étant la maison et les endroits de vie et les deuxièmes les places de travail (source : site de la cantine brestoise). Ils répondent au besoin de personnes aux compétences variées de se rencontrer, d’échanger, de s’inspirer, et pourquoi pas de se réunir sur certains projets. Car c’est un fait, de plus en plus de personnes ne travaillent plus – ou plus seulement – dans l’enceinte d‘une l’entreprise. Et être isolé, c’est à la fois se couper d’un lien social dont on a tous besoin mais aussi se priver de l’émulation et des idées qui peuvent naître de la discussion et la réflexion commune. Quelles sont les personnes concernées et intéressées par ce type de lieu ? On citera par exemple les créateurs d’entreprise, les indépendants, les télétravailleurs, les travailleurs nomades (qui se déplacent souvent et n’ont pas de bureau fixe), mais aussi les étudiants ou encore les jeunes diplômés. Bref, tous ceux et celles qui n’ont pas de local professionnel attitré et/ou qui souhaitent trouver plus que de simples bureaux à partager.



Les espaces de coworking et les cantines numériques, pour le « travailler ensemble »

Ces lieux ne sont pas de simples bâtiments avec des bureaux. Certes, ils se doivent d’être propices au travail et représentent une bonne alternative au travail à domicile. Car si à première vue bosser chez soi ressemble à une forme de Graal (qui ne s’est jamais imaginé travaillant dans son lit, l’ordinateur sur les genoux, le chat qui ronronne à sa droite, la tasse de café fumante à sa gauche ?), en pratique ce n’est pas si simple. On peut facilement être tenté de préparer ses prochaines vacances sur Internet, surfer sur les réseaux, voire accrocher une lessive ou gratter les cordes de sa guitare. Bref, faire toutes ces petites choses qui, mises bout à bout, vont nuire à notre efficacité. Sans compter que tout le monde ne dispose pas forcément d’un bureau tranquille ni d’une connexion à Internet digne de ce nom. Mais les espaces de co-working, tout comme les cantines numériques, apportent surtout ce supplément d’âme qui en font de véritables lieux de vie et de collaboration. Ce qui d’une part tient à leur agencement, car ils favorisent les échanges informels : le coin cuisine et la salle de déjeuner sont particulièrement soignés, tout comme la salle de pause ou de créativité. Le souhait ? Faire naître des interactions entre les coworkers. Pour partager un moment autour d’un café, mais aussi et surtout des idées, des connaissances ou même une future collaboration. Car là comme dans les entreprises, c’est souvent dans ces moments que circulent le mieux les informations et émerge l’innovation. Et d’autre part grâce à l’animation qui y est proposée, à la fois en matière de formation (comptabilité, financement, utilisation de logiciels, e-réputation, etc.) et d’événements. Qu’ils s’appellent « apéro-web », « pitch apéro » ou encore « open week », leur objectif est de faire vivre la communauté créée par ses membres, de tisser des liens avec l’extérieur et de faire naître de nouveaux projets. La cantine numérique de Brest organise par exemple des « co-miam », pour se retrouver autour d’un repas, des « open coffee » sur des thèmes choisis, des conférences, des projections-débat, des ateliers-découverte, des after... La liste est longue, mais témoigne que ce sont des lieux riches en événements et sources de rencontres et d’émulation.

Des écosystèmes favorables aux porteurs de projets : l’exemple des cantines numériques

Une cantine numérique est un espace de travail, de collaboration, d’animation et d’innovation en prise avec son territoire, orienté principalement vers le domaine du numérique. Et quand on dit numérique, c’est au sens large : cela recouvre tant les personnes qui ont les mains dans les circuits imprimés et les programmes informatiques que celles qui utilisent les nouvelles technologiques pour leur travail au quotidien. Ce qui concerne au final beaucoup de monde. Les animateurs de ces types de lieux, par leur connaissance du tissu et des acteurs économiques locaux, sont des interlocuteurs de choix pour tous ceux qui souhaitent être accompagnés dans un projet. Vous avez une idée mais ne savez pas par où commencer ? N’hésitez donc pas à en pousser la porte. Vous pourrez être assisté dans la structuration de votre démarche et être informé sur les organismes, les réseaux et les personnes ressources à contacter, d’autant que ces espaces collaborent avec des structures locales, comme les technopoles et les collectivités. Sur place, vous disposerez de l’environnement idéal pour travailler sur votre projet. Il ne vous restera plus qu’à trouver votre futur collaborateur lors d’un moment de convivialité que ces lieux ont le chic d’organiser ;-). Ce sont également des endroits où l’on met en avant des principes et des valeurs comme que le partage, la collaboration, la co-création et l’innovation. En fait tout ce à quoi notre génération est particulièrement sensible et qui nous donne des raisons de voir notre avenir avec optimisme.


Cantine brestoise : le réseau brestois du web et du numérique

Qui fréquente ces lieux ? Quelques portraits de « membres »

Jessica Pin, directrice de la Cantine Brestoise, a brossé quelques portraits de membres. Vous pourrez voir que les profils sont très variés, et c’est précisément ce qui fait la richesse de ces tiers-lieux. Parmi eux figurent un thésard, qui vient y chercher un lieu de travail et de rencontre, un ergonome venu de l’autre côté de la France ravi d’avoir trouvé un accueil et déçu seulement de ne pouvoir y passer plus de temps, une personne qui se réoriente vers le Web et le graphisme après avoir œuvré dans l’administratif, des jeunes diplômés en train de monter leur start-up ou une bloggeuse qui ne tarit pas d’éloge sur l’esprit d’entraide que l’on peut y trouver. Vous pourrez également voir sur les sites des espaces de coworking que les profils y sont tout aussi divers : des personnes travaillant dans un bureau d’étude en électricité ou dans une société d’hébergements meublés, une traductrice, un éditeur, un décorateur, un journaliste ou encore un responsable de stratégie digitale.

En pratique, comment ça marche ?

Nous vous invitons dans un premier temps à vous renseigner sur les espaces de coworking ou les cantines numériques disponibles près de chez vous. Bien souvent on peut profiter d’une journée découverte gratuite : vous pourrez faire l‘expérience du travailler ensemble et voir si cela vous convient. N’hésitez pas à participer aux événements qu’ils organisent, car ils sont souvent accessibles à tous : vous pourrez expérimenter l’ambiance et le bouillonnement qui y règnent. Quant à l’accès, le fonctionnement est généralement très souple pour s’adapter à tous les profils : on peut prendre des tickets à la journée ou à la demi-journée, s’engager au mois ou à l’année, disposer d’un espace en permanence ou simplement utiliser l’infrastructure. Quant au coût, le prix moyen constaté est loin d’être prohibitif au regard des bénéfices qu’on peut en retirer. Il va de 225 euros en région à 350 euros à Paris pour le mois, d’après le sondage réalisé en décembre par bureauxapartager.com et La Fonderie (certains espaces sont accessibles à partir de 5 euros la demi-journée et 8 à 12 euros la journée). Vous pourrez le retrouver sur le site participatif d’information consacré aux nouvelles formes de travail zevillage.net. Vous aurez en général accès aux salles de réunion, aux espaces dédiés pour recevoir vos clients et… au café. Sans oublier que des imprimantes 3D peuvent être mises à disposition gratuitement ou à des prix préférentiels. Si vous vous dites que travailler dans un café revient moins cher, c’est que vous oubliez de compter le prix des consommations, l’énervement dû à une connexion de qualité moyenne ou le fait de passer à côté de projets de collaboration ;-).

Je coworke, tu coworkes… nous collaborons, nous co-créons

Ce n’est pas un hasard si la plupart des termes associés au coworking et aux cantines numériques contiennent le préfixe « -co », qui vient du latin cum et qui indique, selon le Larousse, « l’association, la participation, la simultanéité ». Il en va dans le monde du travail comme dans la société : le besoin de communauté trace doucement mais sûrement son chemin. Le monde professionnel voit ses règles redéfinies par les difficultés économiques, les nouvelles technologies et une aspiration à remettre l’humain au centre. Ce qui laisse libre cours à de nouveaux modes de collaboration et d’échange dont nous parle fort bien Michel Briand. Des associations oeuvrent d'ailleurs à les diffuser, telles que Collporterre, qui « travaille à diffuser l’usage des pratiques collaboratives dans un objectif de développement durable et solidaire » ou encore Tiriad, qui au travers de la formation altercoop a vocation à "former les acteurs locaux au travail collaboratif sur les territoires".

Si vous aussi vous avez eu une expérience de travail partagé ou de projet collaboratif, ou si l’aventure vous tente, n’hésitez pas à nous laisser votre témoignage.






1 commentaire
  • Pixie Modo
    le 27 janvier 2016 à 11:21 Travailler autrement : 9 spots bretons à découvrir
    De Rostrenen à La Gacilly en passant par Plougasnou, le site Breizhbook a répertorié 9 lieux pour bosser autrement.

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