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Les objets connectés et les applis santé : vous en mieux ?

Les objets connectés et les applis santé : vous en mieux ?

Par Pixie le 28 octobre 2015 à 14:04 dans Santé

Vous vous réveillez et votre téléphone, grâce aux capteurs installés sous votre oreiller, vous indique la qualité de votre sommeil. Vous faites votre premier pas : une appli vous dit qu’il faudra en faire encore 9 999 pour vous maintenir en bonne santé. Un petit tour sur la balance connectée : un smiley s’affiche et vous félicite pour les 193 grammes perdus. Puis vous enchaînez sur un programme de gymnastique en 7 minutes, téléchargé sur votre smartphone. Le petit-déjeuner pris ensuite est idéal, grâce à l’appli nutrition que vous suivez depuis quelques semaines. Vous partez travailler. A pied, parce que vos pas sont comptés et qu’il en reste encore beaucoup à faire pour atteindre votre objectif…

Si pour vous tout cela n’est que science-fiction, c’est que vous n’avez pas encore goûté aux joies de la "santé connectée". Si en revanche ça ressemble un peu à votre début de journée, autant vous dire qu’on attend impatiemment vos commentaires sur le sujet. Que l’on soit pour ou contre, c’est un fait : la technologie nous propose de plus en plus d’outils pour prendre en main notre santé. Vos serviteurs de Tips n’Tricks, bardés de capteurs et le téléphone bourré d’applications "bien-être" à l’heure où ils vous écrivent, ont décidé d’ausculter le monde de la santé 3.0.

Le boom du quantified self

Le quantified self, en français "soi quantifié", désigne selon Wikipedia "l’évaluation quantitative systématique de son propre corps". C’est un mouvement né en 2007 en Californie et dont l’objectif – un peu geek au départ - était de pouvoir s’améliorer par la connaissance chiffrée de sa petite personne. Aujourd’hui le quantified self s’est très largement démocratisé. Les montres connectées sont dans toutes les vitrines des vendeurs de téléphone, on trouve maintenant des rayons "santé connectée" dans les grands magasins d’électroménager et les stores regorgent d’applications bien-être et santé. D’ailleurs, on a tous dans notre entourage un maniaque de la course à pied qui partage les statistiques de son dernier running. Oups, en écrivant cela je me rends compte qu’on en est tous un peu là. Et ce n’est sans doute que le début puisqu’en la matière les progrès sont constants.

Une aide ludique pour se remettre au sport, prendre soin de sa santé…

Un point positif des applications et des objets connectés "santé", c’est qu’ils peuvent nous aider à reprendre ou à renforcer notre activité physique. Entre les programmes de vélo ou de course à pied et les notifications incitant à marcher davantage, avec souvent pour objectif d’atteindre les 10 000 pas, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas vous bouger ;-). Les plus connues sont Runtastic, Runkeeper, Endomondo, Nike + running ou encore Strava. Vous pourrez retracer votre parcours, suivre votre progression, préparer un programme d’entraînement et partager vos exploits. Et il n’y a rien de tel que le regard des autres pour se motiver…



… ou mieux suivre un traitement médical

Les malades peuvent aussi trouver un allié dans ces nouveaux développements. Dans le domaine des allergies, Arbrallergik (pour iPhone et Android) et Pollen (pour Windows) donnent des informations sur les arbres et leurs potentiels allergiques, et ALK Allergik ajoute un volet sur l’alimentation. Medi’Rappel (pour iPhone) ou Medi’Safe (pour Android) aident à gérer les traitements médicamenteux pour les têtes en l’air. Pour les diabétiques, Gluci-Chek, Diabphone ou DiabetoPartner permettent de suivre les taux relevés et de connaître les glucides des repas grâce à des tables alimentaires (source : dmdpost.com). Il existe même des marathons digitaux qui permettent aux médecins, chercheurs et développeurs de travailler ensemble sur le développement de nouvelles applications, comme celui qui s’est déroulé à Strasbourg en début d’année. Les applications sont également nombreuses en matière de télémédecine. Dans le nord de la France, le programme "Télé AVC Artois Hainaut" permet de décider à distance de la réalisation d’une trombolyse grâce à la télétransmission des résultats d’IRM du malade ; dans les Côtes d’Armor, un test est en cours pour les téléconsultations de cardiologie, dermatologie, gériatrie et psychiatrie4. Nous n’en sommes donc encore qu’au prémices…

De la tétine connectée à la fourchette intelligente…

Vous doutez de la propreté de vos quenottes ? La brosse à dents connectée est faite pour vous, avec le suivi hebdomadaire et mensuel de vos brossages. Vous aspirez à des nuits plus réparatrices ? Essayez le capteur de sommeil, qui "prend soin de votre bien-être puisqu’il avancera l’heure de votre réveil pour que vous vous réveilliez revitalisé après un cycle de sommeil plus court". Si c’est votre ligne que vous voulez surveiller, pourquoi ne pas tester l’assiette connectée ou encore la fourchette Hapifork ? Dès que vous mangez trop vite, une vibration vous incite à ralentir. Vous pourrez ensuite consulter sur un tableau de bord la durée de votre repas ou le nombre moyen de coups de fourchette par minute. Même les bébés ne sont pas en reste… On peut maintenant ajouter à leur trousseau de naissance une tétine connectée qui prend la température et alerte en cas de fièvre, un chausson qui indique si l’enfant souffre de problèmes respiratoires ou cardiaques ou encore un body, qui permet lui aussi de transmettre des données sur l’état de santé de l’enfant. Bref, du matin au soir et du soir au matin, le corps peut être pris en charge par la technologie.

Des chiffres qui peuvent intéresser beaucoup de monde

Poids, taille, sport pratiqué, nourriture ingérée… Autant de données qui nous intéressent à titre personnel, mais qui peuvent aussi être utilisées par d’autres. Car elles peuvent être revendues à des tiers pour mieux nous connaître. Cela peut aider la médecine à mieux prévenir certains risques et c’est une bonne chose. Mais on peut imaginer des utilisations moins philanthropiques… Un diabétique pourrait recevoir des publicités pour des aliments allégés en sucre, une personne en surpoids des sollicitations pour des compléments alimentaires, etc. La tentation pourrait être grande pour les assureurs d’utiliser ces chiffres pour ajuster leurs offres et leurs tarifs en fonction de l’appartenance à telle ou telle catégorie de personnes. Heureusement la législation française interdit la modulation du tarif en fonction du comportement de l’individu. Mais qu’en sera-t-il dans les années futures ? Serons-nous "obligés" de prendre soin de notre santé, par notre assureur voire par notre employeur ? Si on n’en est pas encore là, on peut néanmoins dès aujourd’hui être vigilant dans ce que l’on veut bien communiquer de nous-mêmes. Avant d’utiliser une application, il est préférable de lire la politique de confidentialité appliquée. Une étude réalisée aux Etats-Unis en 2013 démontrait que de nombreuses applications mobiles de santé et de fitness n’offraient pas les protections suffisantes pour assurer la confidentialité des données de leurs utilisateurs. Et pouvaient permettre au final à des tiers de ré-identifier les personnes utilisatrices… La CNIL a d’ailleurs publié un livre blanc sur le sujet, certes fastidieux mais instructif. Il nous apprend par exemple que les données stockées en dehors de l’Union européenne ne sont pas concernées par les réglementations en vigueur en Europe. Un des tips peut être de divulguer le moins possible d’informations personnelles et de ne pas hésiter à utiliser des pseudonymes.



Pour votre santé…

Smartphone, montre, capteurs… et si bientôt c’était votre corps lui-même qui faisait le boulot et transmettait les informations comme un grand ? Certains suédois ont déjà sauté le pas et se sont fait implanté une puce connectée sous la peau. Bon ben là, on vous laisse seul juge : nous on aime bien décrocher de temps en temps…


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